Quand l'été dort
Le voyage semble interminable … 8h 30 dans ce train.
Vers la fin du trajet, je remarque un garçon d’une trentaine d’années. Face à face sur la plateforme, nous attendons l’arrivée du train à son terminus. Echanges de regards bienveillants. Le temps que nous descendions les valises, il est déjà loin devant. Il se retourne et lance en notre direction un dernier regard accompagné d’un sourire charmeur. Puis s’évanouit dans la foule. Merci pour ce sourire de bienvenue !
Dans le bus qui nous conduit à l’hôtel, deux tatastanaises algéroises font mine de nous ignorer, sans doute en raisons de nos ages « avancés » par rapports au leur. Certes nous avons peut être 5 ou 6 ans de plus, mais bien 10 kg de moins que la plus hautaine des deux.
Et pas la peine de frimer quand on fait des associations de couleurs aussi improbables avec ses vêtements !
Peu de baignade durant ce séjour. Nombreuses randonnées et balades.
Par curiosité architecturale, nous nous promenons le long des quais de la marina. Impression de calme. Les regards d’une couple de vieux pédérastes, la soixantaine passée mais bien garnis, glissent sur nous. Nous comprenons vite qu’avec un peu de bonne volonté nous aurions facilement pu arrondir nos fins de mois. Je ne sais pas si c’est véritablement flatteur…
Passage par une station balnéaire que j’ai souvent fréquentée durant mon enfance et mon adolescence. Tout est pareil et pourtant tout ce que j’y ai connu-les choses et comme les gens- a disparu.
Dans une gare alors que nous partons en excursion, je remarque un garçon comme on en rencontre tant de ce côté-là de l’hémisphère : tout est fait pour mettre en valeur ses fringues de marque, ses poils de torse et sa maigreur.
Sous ses lunettes noires, il joue à ne pas nous regarder, Certes il n’est pas dénué d’un pouvoir d’attirance sexuelle. Il monte dans le même train que nous. La rame est vide. Il choisit de se placer du côté exposé au soleil, abaisse le rideau et tourne le dos à la fenêtre. Sans logique. Le genre de personnage que je ne parviendrai jamais à comprendre.
Train vers la frontière.
A une des stations, monte un jeune homme s’exprimant en hébreu. Il est accompagné de sa mère et de son frère. Il s’installe à 2 rangs de moi. Mais bien en face, à portée de vue.
Le charmant garçon s’assoupit avec le bercement du train -et semble faire un rêve bien agréable-. Durant le reste du trajet, j’ai pu mesurer la force de frappe israélienne…
Passage de la frontière. Descente en ville. Un orage particulièrement long nous oblige à nous réfugier dans une de ces boutiques d’alcools détaxés.
Retour. Regret de n’avoir été contrôlé ni à l’aller ni au retour.
Le lendemain matin annonce pour nous l’heure du départ.